J'ai démarré le génie civil à Dakar avec un BTS, puis une Licence Pro
Conducteur de Travaux à l'École Polytechnique. C'est sur les chantiers
et dans les bureaux d'études d'AURIAS et de la CEC, très tôt, que j'ai
compris que la structure serait mon métier — la note de
calcul justifiée, le ferraillage cohérent, la descente de charges qui
ferme.
Arrivée en France en 2018, j'ai rejoint l'Université de Reims
Champagne-Ardenne pour y faire ma Licence 3, mon Master 1 et
mon Master 2 en génie civil. C'est là, en stage chez Bousso
Ingénierie en 2021, que j'ai produit ma première
note de calcul béton armé complète : 4 bâtiments R+3 avec sous-sol,
modélisation GRAITEC OMD, mémoire en LaTeX.
Mon premier poste long, chez SI-NRJ en CDI, m'a placée
sur un terrain spécifique mais formateur : le calcul de charpentes
métalliques pour antennes télécoms en toiture. Visite technique,
modélisation Robot, descentes de charges Eurocode 1, vérification
d'ancrages, calcul d'assemblages CYPE Connect. J'y ai appris la rigueur
du calcul sur l'existant — composer avec une structure d'accueil qu'on
n'a pas conçue.
Une constante dans tout ce parcours : la rédaction de notes de
calcul justifiées. Que ce soit le mémoire de stage de 71 pages
produit en LaTeX chez BICS, les notes justificatives livrées au quotidien
chez SI-NRJ pour validation maîtrise d'œuvre, ou aujourd'hui le rapport
de calcul de 148 pages au CHEC — j'écris pour qu'un autre ingénieur
puisse refaire le calcul, ligne par ligne, et arriver au même
résultat. C'est ce qui distingue une note de calcul d'un fichier
de modélisation : la traçabilité des hypothèses, la justification
normative, la réplicabilité.
« Calculer une charpente neuve, c'est résoudre un problème. Calculer sur
l'existant, c'est composer avec un héritage — c'est exactement ce qui
m'attend en travaux souterrains. »
Après ce CDI, j'ai consolidé ma maîtrise du BIM avec deux formations
certifiantes Revit chez REFSA en novembre 2023, puis
je me suis lancée en freelance sur des missions de
conception et de modélisation BIM pour clients privés au Sénégal —
tout en préparant mon entrée à la section CHEBAP/TS du Centre
des Hautes Études de la Construction (CHEC).
La continuité est claire. Les soutènements provisoires de tunnels
— cintres HEB, treillis, boulons d'ancrage — sont du calcul métallique.
Les revêtements définitifs sont du béton armé sous sollicitations
complexes. La logique du calcul sur l'existant rejoint celle du
creusement en milieu hétérogène. Le tunnel, c'est la rencontre
entre tout ce que j'ai déjà calculé.